
Variation des microARN sanguins en réponse
à une surcharge en
glucose pendant et
après la grossesse
Caractérisation des microARN dont l’abondance varie dans la circulation sanguine en réponse à une surcharge en glucose administrée par voie orale chez des femmes pendant et après la grossesse
Chercheurs responsables & collaborateurs
Luigi Bouchard TM. PhD. MBA (Chercheur responsable), Flore Lavoie BSc, Kathrine Thibeault BSc, Véronique Desgagné PhD, Cécilia Légaré PhD, Andrée-Anne Clément PhD, Myriam Doyon MSc, Mélina Arguin MSc, Perrie F O’Tierney-Ginn PhD, Patrice Perron MD. MSc. FRCPC, Marie-France Hivert MD. MSc.
Financement
Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC), Fonds de Recherche du Québec – Santé (FRQS) et Fondation de ma vie du CIUSSS du Saguenay–Lac-St-Jean – Hôpital Universitaire de Chicoutimi, Université de Sherbrooke, Axe Diabète, obésité et complications cardiovasculaires du Centre de Recherche du Centre Hospitalier Universitaire de Sherbrooke (CR-CHUS).
Lieu de l'étude
Saguenay-Lac-Saint-Jean et Estrie
Pourquoi?
La grossesse amène plusieurs changements physiologiques chez la mère, incluant une baisse de la sensibilité des cellules à l’action de l’insuline. En d’autres termes, la clef permettant de faire entrer le sucre à l’intérieur de la cellule est moins efficace, augmentant par le fait même la quantité de sucre dans le sang maternel et aidant à répondre aux besoins du fœtus. Lorsque cette baisse de sensibilité à l’insuline est trop grande, ou encore que le pancréas ne sécrète pas suffisamment d’insuline pour faire entrer le glucose dans les cellules, le taux de sucre dans le sang s’élève trop (hyperglycémie), ce qui amène un diagnostic de diabète gestationnel (DG) chez les femmes enceintes.
Diagnostiqué entre la 24e et la 28e semaine de grossesse par un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO), le DG touche 14% des femmes enceintes dans le monde, faisant de ce diabète la complication de grossesse la plus fréquente. Malheureusement, le DG est associé à de nombreux risques à court et à long terme pour la santé de la mère et de l’enfant à naître. Notamment, les femmes ayant fait un DG ont de 8 à 10 fois plus de risques de développer un diabète de type 2 (DT2) dans les années suivant l’accouchement. Malgré l’avancement de la recherche sur les mécanismes biologiques menant au développement du DG, des lacunes sont encore présentes quant à comment le DG accentue le risque des femmes à développer un DT2 plus tard dans leur vie.
Notre hypothèse est que l’abondance des microARN en circulation sanguine varie en réponse à une surcharge en glucose (sucre) administrée par voie orale chez les femmes pendant et après leur grossesse, et que cette réponse pourrait être perturbée de manière similaire en présence d’un diabète gestationnel ou de type 2.
Ces nouvelles connaissances pourraient donc nous aider à mieux comprendre le lien entre DG et DT2, et contribueront par le fait même à l’identification de biomarqueurs ou cibles thérapeutiques potentiels pour le diabète, améliorant la prévention et la santé.
Objectif
Identifier les microARN dont l’abondance varie en réponse à une surcharge en glucose administrée par voie orale chez des femmes enceintes, puis 5 ans après leur grossesse, et évaluer l’effet du diabète sur cette réponse.
Avancement des travaux et résultats
Les participantes de l’étude proviennent de la cohorte Gen3G, une cohorte de duos mère-enfant suivis depuis la grossesse et ayant pour but de mieux comprendre les facteurs génétiques et environnementaux impliqués dans la régulation du métabolisme du glucose pendant la grossesse et la croissance fœtale. Vingt-six femmes ont été sélectionnées pendant leur grossesse (n=26 : 13 avec un DG et 13 normoglycémiques (NG)), et 5 ans après cette grossesse index (n=26 : 9 NG, 9 NG avec un antécédent de DG, 4 prédiabétiques, 4 prédiabétiques avec un antécédent de DG). Pour chacune, nous avons récolté du sang à jeun, puis 1h et 2h après l’ingestion de 75g de glucose (liquide sucré) lors d’un test HGPO. À l’aide de la technologie de séquençage de nouvelle génération, nous avons identifié et quantifié les microARN dans le plasma de ces échantillons sanguins.
Jusqu’à maintenant, nous avons identifié 17 microARN dont la concentration varie pendant l’HGPO réalisé entre la 24e et la 28e semaine de grossesse, et 39 microARN variant pendant l’HGPO réalisé 5 ans après la grossesse. Ces microARN ont une abondance qui varie principalement pendant la première heure du test, indiquant un changement de concentration rapide en réponse à l’ingestion du liquide sucré. Parmi tous ces microARN, sept varient en réponse au glucose de manière similaire en grossesse et 5 ans post-grossesse. Nous avons également observé que plus l’abondance de deux de ces microARN augmente en circulation sanguine pendant la première heure de l’HGPO réalisé 5 ans post-grossesse, plus la glycémie diminue dans la deuxième heure du test. Ces résultats pointent vers un rôle des microARN dans la régulation du métabolisme du glucose pendant et après la grossesse, bien que d’autres études soient encore nécessaires afin de le confirmer. L’effet du diabète sur la réponse des microARN à la surcharge en glucose est en cours d’évaluation.
Vingt-six femmes ont été sélectionnées pendant leur grossesse et 5 ans après cette grossesse index. Pour chacune, nous avons récolté du sang à jeun, puis 1h et 2h après l’ingestion de 75g de glucose (liquide sucré) lors d’un test HGPO.
Retombées
Publications
À venir.
